Challenger, mais pas outsider !

Les tournois Challengers : des jeunes, des vieux, mais, surtout, un niveau de tennis très élevé ! Coup de projecteur sur la catégorie de tournois de l'Open Sopra Steria de Lyon.
darcis et monteiro open sopra steria 2016 1

Challenger, oui, mais pas outsider !

Challenger, challenger… Si vous venez du côté du Tennis Club de Lyon pour l’Open Sopra Steria, vous entendrez et lirez souvent cet anglicisme. Car le tournoi lyonnais est effectivement une épreuve du circuit Challenger, antichambre du circuit ATP. Antichambre, vraiment ? Éclairage sur ce qui fait la particularité – et les qualités – de cette catégorie.

Certains tournois Challengers sont au niveau des ATP 250. Non, ce n’est pas de la vaine promotion pour l’Open Sopra Steria de Lyon, mais la stricte vérité : les lignes se resserrent parfois entre les catégories de tournois professionnels. C’est Steve Darcis lui-même, vainqueur de l’épreuve lyonnaise l’année dernière, qui le confirmait d’ailleurs pour le blog We Love Tennis :

« Ils (les tournois Challengers) se professionnalisent de plus en plus. Cela fait longtemps que je suis sur le circuit. Il y a des endroits plus sympas que d’autres à faire. En France, entre Lyon, Aix-en-Provence ou Bordeaux, nous trouvons des tournois fabuleux avec une belle organisation. Ils n’ont rien à envier à certains ATP 250. Nous signerions des deux mains pour avoir des tournois comme ça toute l’année. »

Il faut dire que dans ces tournois Challengers, les plateaux peuvent être relevés, rassemblant joueurs confirmés et jeunes pousses prêtes à tout pour percer. Si les épreuves du circuit ATP – qui se répartissent entre les ATP 250, les ATP 500, les Masters 1000 et, par abus de langage, les Grands Chelems –, s’adressent à des joueurs classés généralement entre la 1ère et la 150ème place mondiale, celles du circuit Challenger, théoriquement un cran en-dessous, offrent un melting-pot de profils très intéressant.

Des tournois Challengers au niveau des ATP 250

Ainsi, les tournois Challengers de la catégorie 150 000$ ne sont pas loin de talonner certains ATP 250. Pour exemple, au 150 000$ d’Irving, en mars dernier, le plateau rassemblait 19 joueurs classés dans le Top 100. Surtout, la moyenne de classement des participants, hors wildcards, se situait à la 108ème place mondiale.

Petite comparaison, maintenant, avec l’ATP 250 de Quito, en Équateur, qui s’est déroulé début février. Un prize-money de 540 000$, Ivo Karlovic en tête d’affiche… mais seulement huit garçons classés dans les 100 dans le tableau. La moyenne de classement ? 134.

Berlocq et Bourgue à l'Open Sopra Steria de Lyon, en 2016

Lors de l’Open Sopra Steria de Lyon 2016, Carlos Berlocq, alors 33 ans, ex-37ème mondial, avait affronté Mathias Bourgue, 22 ans, qui avait été dans le Top 15 chez les Juniors.

Des jeunes et des vieux briscards pour des plateaux très relevés

La particularité du tournoi Challenger, c’est qu’il est généralement une étape essentielle pour deux types de joueurs : les confirmés et expérimentés, qui auraient subi une blessure ou un coup de moins bien impliquant une petite dégringolade au classement ; les espoirs qui, une fois sortis du confort du circuit Junior, se lancent dans la grande aventure du professionnalisme. Nul besoin de préciser que la convergence des deux permet de grands moments… C’est Lionel Roux qui le raconte le mieux : le directeur de l’Open Sopra Steria de Lyon se remémore un moment bien particulier de sa carrière. C’était en 1999, au Challenger 100 000$ de Brest – Lionel avait déjà roulé sa bosse et connu les joies du Top 50…

« Je revenais de blessure, je repartais de zéro. Et, sur qui je tombe au premier tour ? Roger Federer. Il avait 18 ans seulement, mais c’était déjà une mini-star, on le considérait comme un futur numéro un mondial. C’est drôle, parce qu’il y avait beaucoup de monde pour ce qui n’était qu’un premier tour… On avait l’impression que c’était déjà la finale. Lui, à l’époque, il était tout nerveux, tout boutonneux (rires), mais c’était l’épouvantail du tableau. À l’échauffement, il était hyper facile, il m’avait impressionné… Cette raquette qui circule, cette fluidité, ce relâchement… Je fais mon match, mais il s’impose 6-3 4-6 6-4 et, derrière… il gagne le tournoi. Son premier titre pro et le début de son ascension ! Pour la petite anecdote, c’est un garçon qui n’oublie absolument rien. Et, à chaque fois que je le croise, il m’en reparle ! »

De là à dire que le prochain Roger Federer sera peut-être ce petit jeune que vous aurez vu fouler les courts du Tennis Club de Lyon, en juin prochain… il n’y a qu’un pas qu’on vous laisse franchir !

Pour sa deuxième édition, en juin prochain, l’Open Sopra Steria de Lyon a déjà confirmé la venue de Felix Auger-Aliassime, un Canadien de 16 ans, numéro deux mondial Junior, finaliste de Roland Garros junior et vainqueur de l’US Open, qui a déjà remporté deux titres chez les pros.

Article écrit par Rémi Capber

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