Le jour où…

Federer, Nadal et Djokovic ont tous commencé leur carrière sur le circuit Challenger. Magnéto.
Federer et les tournois comme l'Open Sopra Steria de Lyon

Federer, Nadal et Djokovic, le jour où…

Il faut bien commencer un jour et les plus grands champions en tous été, un temps donné, des jeunes rookies aux dents longues. C’est toujours sur le circuit secondaire qu’ils les ont aiguisées, d’abord dans les tournois Futures, puis dans les Challengers, avant de croquer les habitués du circuit ATP. Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont remporté à eux trois 44 tournois du Grand Chelem ; mais aussi quelques trophées en Challengers. Magnéto.

Federer, le talent brut

Lorsque Roger Federer se présente à Brest, un tournoi 100 000$, en 1999, il est déjà une petite star. Cet ado boutonneux, fan des Backstreet Boys et particulièrement colérique sur le court, est une véritable curiosité : l’année d’avant, pour le troisième tournoi professionnel de sa carrière, le garçon avait battu deux joueurs classés dans le Top 50. Quelques mois plus tard, à Marseille, il récidivait en s’offrant Carlos Moya, numéro cinq et vainqueur de Roland-Garros. À 18 ans seulement. Alors, en Bretagne, au ponant du ponant, le public se presse pour voir le petit génie remporter son tout premier titre en pro.

« Federer avait un truc que, nous, on n’avait pas »

Si Lionel Roux, directeur de l’Open Sopra Steria de Lyon, subit ses foudres au premier tour, Rodolphe Gilbert prit également un coup de vieux face au jeune Federer cette semaine-là. Il s’en souvient encore, comme il le confiait au Télégramme en 2009« Son revers était bien moins bon que maintenant. Il le chopait quasiment tout le temps. Mais son service était déjà illisible. Il avait un truc que, nous, on n’avait pas. Parfois, pendant dix minutes, un quart d’heure, il faisait des séquences hallucinantes. Physiquement, il s’est énormément étoffé du haut. Autrement, il n’a pas changé. A l’époque, il était déjà très humble vis-à-vis de ses adversaires. »

À ce titre à Brest, en Challenger, succéderont 91 trophées sur le circuit ATP.

Nadal, 16 ans, mais déjà toutes ses dents !

De Rafael Nadal, on se rappelle beaucoup les débuts en Coupe Davis, en 2004. Et, plus précisément, de la touffeur terrible d’Alicante, lorsque ce jeune torero de 18 ans crucifia Arnaud Clément et la troupe bleu-blanc-rouge, qualifiant son pays pour la finale dans une « Plaza de Toros » en fusion. Dans les coulisses du circuit, cela faisait alors un petit moment qu’on murmurait le nom du prodige majorquin, vainqueur des Petits As en 2000 et de son premier tournoi professionnel à peine deux ans plus tard… Car, s’il a brûlé les étapes, snobant rapidement le circuit Juniors, Rafa est tout de même passé par la case Futures et Challengers.

Nadal a affronté Gasquet à ses débuts dans le tennis

« Un futur lumineux pour Nadal »

En Challenger, justement, il ouvre son compteur en 2003. C’est dans les Pouilles, sur l’ocre de Barletta, son soleil latin, ses oliviers centenaires, qu’il s’offre un premier trophée significatif, l’envoyant aux portes du Top 100. Que disait-on, à l’époque, de ce gamin qui arborait encore tee-shirt trop large et short trop court (les pantacourts sont arrivés plus tard !) ? Un article de la Repubblica nous fait remonter le temps : « La finale (du Challenger de Barletta) a confirmé toutes les qualités qu’a pu montrer ce très jeune Espagnol : un coup droit puissant, un revers toujours bien calibré, un bon jeu à la volée , autant de caractéristiques qui permettent de lui prédire un futur lumineux. »

Un oracle certainement… en-dessous de la réalité !

Djoko… vite !

Aller vite, toujours plus vite. Ce pourrait être le leitmotiv de Novak Djokovic, chantre des jambes qui galopent sur la ligne de fond de court, de la balle prise montante, les appuis bien ancrés, et du coup frappé fort, encore plus, lorsque, en face, on l’agresse. Mais c’est aussi un peu de son histoire : quand on grandit dans un pays en guerre, nul doute qu’on n’a jamais de temps à perdre. Alors, le petit Nole n’a pas attendu bien longtemps avant de gagner son premier titre en pro : une défaite d’entrée pour son coup d’essai dans un tournoi Future ; une autre pour sa deuxième tentative, quelques mois plus tard ; et le trophée pour sa troisième, dans un 10 000$ chez lui, en Serbie. C’était en 2003, il n’avait que 16 ans, les prémices de sa coupe Playmobil… et pas encore de classement ATP.

« Celui-là, ce sera du lourd ! »

Du côté des tournois, on flaire le bon coup. Voire la pépite. En témoigne cette anecdote relatée dans La Manche Libre il y a quelques mois… En 2005, alors que Djokovic s’apprête à défier Nicolas Mahut en demi-finale du Challenger La Manche-Cherbourg, Anthony Thiebot, le fils du directeur de l’épreuve, souffle à son père : « Tu supportes Mahut, mais, je serais toi, j’encouragerais plutôt l’autre… Celui-là, ce sera du lourd. » Avant d’annoncer, après la défaite du Serbe en trois sets et deux tie-breaks : « C’est dommage, tu aurais eu un très grand nom au palmarès de ton tournoi. » Novak était alors classé 171ème mondial. Quelques mois plus tard, à Roland-Garros, il gagne son premier match en Grand Chelem. Passe deux tours à Wimbledon et l’US Open. Et domine un joueur du Top 10 pour la première fois de sa carrière.

La suite, on la connaît !

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