Felix Auger-Aliassime, un vainqueur à l'image du tournoi !

Felix Auger-Aliassime a remporté l'Open Sopra Steria de Lyon, un Challenger 75 000$. Le Canadien de 16 ans s'est imposé face à Mathias Bourgue 6+-4 6-1 en 1h18.
open sopra steria augier-aliassime 2017 11

Felix Auger-Aliassime, un vainqueur à l’image du tournoi !

Felix Auger-Aliassime a remporté l’Open Sopra Steria de Lyon, un Challenger 75 000$. Le Canadien de 16 ans s’est imposé face à Mathias Bourgue 6+-4 6-1 en 1h18. Il s’agit de son premier trophée sur le circuit Challenger.

« La route est encore longue. » Elle l’est peut-être un petit moins après cette journée et ce titre à l’Open Sopra Steria… Mais celle qui emmènera Felix Augier-Aliassime vers des sommets bien plus élevés, ceux des Grands Chelems et des hautes sphères du classement ATP auxquels il prétendra un jour ou l’autre, demeure immensément étirée. Ce n’est pas un problème pour ce gamin de 16 ans : non seulement il a tout le temps devant lui, mais, en plus, il fait tout plus vite que les autres…

Auger-Aliassime entre Djokovic et Nadal…

Car, cette semaine, à Lyon, le Canadien est devenu le septième plus jeune joueur de l’ère Open à remporter un tournoi Challenger. Il n’est devancé que d’un mois par Rafael Nadal ; et se positionne désormais juste devant Novak Djokovic… Excusez du peu ! Déjà qu’il est le plus jeune à être classé parmi les 1000 premiers au classement, il deviendra ce lundi le benjamin d’un fictif Top 250, grimpant à la 232ème place, après avoir débuté le tournoi au 336ème rang.

« Je m’accroche en début de tournoi et je joue mon meilleur tennis en fin de semaine »

Et, pourtant, à l’issue de sa victoire au premier tour, Felix Augier-Aliassime était probablement loin de s’imaginer vainqueur de l’Open Sopra Steria. Opposé à Nicolas Jarry, il s’était montré fébrile, assez fragile au service, pas très bien réglé en coup droit… « La route est encore longue », c’est ce qu’il nous avait confié, affichant son habituel petit sourire discret. Et puis, comme s’il prenait ses marques et se fondait peu à peu dans cet environnement lyonnais, il a semblé de plus en plus à l’aise. Au point d’écraser Aleksandr Nedovyesov en demi-finale, après avoir su faire le dos rond face à Casper Ruud, 112ème mondial, en quart de finale.

« Tous les efforts que j’ai faits mentalement ont payé ce samedi », se félicitait-il après sa qualification pour la finale. « C’est souvent comme ça… Je m’accroche en début de tournoi et je joue mon meilleur tennis en fin de semaine. »

Tout juste un peu de tension au début… avant de dérouler

Cela s’est vérifié. Opposé à un Mathias Bourgue plus expérimenté et très solide depuis le début de la semaine – il n’avait pas concédé le moindre set -, Felix s’est comporté en véritable patron. Un premier jeu de service excellent ; un peu de crispation ensuite, Bourgue faisant parler sa gifle de coup droit ; le relâchement derrière pour débreaker et recoller au score ; puis la démonstration. Le terme n’est pas galvaudé : c’est bien une démonstration qu’a réalisée le Canadien pendant une moitié de match. Son déplacement de chat, la longueur insensée de son coup droit, la solidité de son revers, ses inspirations soudaines… Tout sent, respire, « pue » le tennis chez ce garçon ! Et, le plus fou : tout semble encore perfectible, lui laissant une marge de progression démente.

C’est peut-être au service qu’il s’est montré parfois le plus inconstant, sa première balle ne passant pas toujours avec régularité – la faute à de grosses prises de risque. Pour le reste… Avec sa tête bien faite, il peut viser très haut. « Je suis très, très en forme mentalement », confiait-il à la suite des quarts de finale. « Mon état d’esprit est très bon, j’arrive à rester calme, à m’accrocher dans des matchs serrés en trois sets. Je me bats bien et ça finit par payer. »

Résultat, ce dimanche : après 1h18 de jeu, Felix Auger-Aliassime a pu lever les bras et se prendre le visage dans les mains, affichant, cette fois, un sourire franc, sincère et juvénile. Un succès 6-4 6-1 qui donne raison aux organisateurs : Lionel Roux s’était battu pour le faire venir entre Rhône et Saône et lui attribuer une wildcard dans le tableau final. Bien vu ! Et c’est maintenant les organisateurs des Internationaux de Tennis de Blois qui se frottent les mains… Le gamin prend la direction du Loir-et-Cher, où il aura d’emblée l’occasion d’affronter un joueur du Top 100, Damir Dzumhur.

S’il risque d’être un peu entamé par toutes ces émotions, il vivra une expérience de plus, accompagné de son coach, Guillaume Marx. Cette même expérience qui lui permettra, demain, d’exploser en Grand Chelem ? Vivement l’US Open !

Article écrit par Rémi Capber

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