Exceptionnel Félix Balshaw. En sauvant 4 balles de match, il écarte Daniel Elahi Galan 4-6 6-3 7-5, en 2h19. Invité sur le tournoi, il rejoint David Jorda Sanchis en finale. Le jeune Français originaire de Biarritz, mais largement adopté par le public lyonnais, jubile, non sans avoir lâché quelques larmes après l’ace final.

On vous a senti tous les deux fatigués sur la fin, c’est dans la tête que ça se joue aujourd’hui ?
Quand la fin de semaine approche, bien sûr que tu as de la fatigue dans les jambes. La clef, c’est de rester fort mentalement. Je l’ai prouvé aujourd’hui, même dans les balles de match je n’ai pas faibli dans la tête. Du premier point au dernier point, je n’ai pas lâché. Je me disais “allez, tu vas le faire craquer, tu vas gagner, tu vas le faire”. Je suis resté dans un mindset positif, c’est ce qui me permet de gagner aujourd’hui. Même sur une balle de match. Tu as plus de tension, certes. Mais un point reste un point.
La preuve avec une magnifique amortie sur balle de match !
Exactement ! (rires). Un point reste un point. Même une balle de match. Même quatre balles de match.
“J’aime jouer avec du risque… mais je réfléchis, à chaque point”
A ton âge, tu oses des choses. C’est ton état d’esprit ?
C’est mon jeu. Je risque. Je risque un peu plus que d’autres. Plus par exemple que mon adversaire du jour, qui remet à la perfection. Après, j’ai l’avantage d’être l’outsider dans ce match, comme dans le précédent. J’ai tendance à relâcher encore plus… Finalement, ça m’avantage de ne pas être favori, ça m’avantage d’être encore jeune ! Je risque avec du contrôle, mais je cherche toujours à conserver cette intention, dans chaque point. En seconde balle par exemple, c’est tactique, d’autant que Galan variait super bien ses retours, il fallait tenter, il fallait risquer.
Tu étais pris par l’enjeu dans le premier set ?
Honnêtement, oui. J’étais stressé. C’est la première fois que j’étais en demi-finale dans un Challenger. Je voulais tout bien faire, je voulais bien jouer. Mais à la fin du premier set, je quitte le court, je me remobilise : “allez, c’est normal, relâche tout, mets la grinta, et tu y vas, quoiqu’il arrive”.
Qu’est ce que tu te dis entre les points ?
J’essaie de trouver des tactiques, des schémas de jeu qui peuvent fonctionner. Je réfléchis toujours à des plans B, C… au cas où ça ne fonctionnerait pas. Ça me permet de faire varier beaucoup mon jeu. Je joue chaque point comme si c’était le dernier, mais ça n’empêche pas de réfléchir, au contraire !
“Mes parents vont vivre ce que je vis ici”

Ça fait quoi demain d’être devant ton coach et tes parents ?
Enfin mon équipe qui vient. Je n’ai aucune idée de quand ils arrivent, je vais les appeler dans cinq minutes. Je suis super heureux de pouvoir leur faire vivre ce que je vais vivre. Je sais d’une part qu’ils vont adorer, et d’autre part qu’ils seront derrière moi à 100%, sur chaque point. Que je perde ou que je gagne, ils seront forcément fiers de moi. On va aller le chercher ! Le match, la finale, le titre !
Avant hier tu disais que le public, c’était 50% de la victoire. Aujourd’hui aussi ?
(Rires) Un peu plus ! Je me sens adopté par le public lyonnais. Dans les moments difficiles, ils sont au top, toujours derrière moi. Sur le court, je me sens chez moi, à la maison. Je me sens aimé par le public. Mais en dehors aussi, je vois qu’on m’aime !
Comment tu vas préparer cette finale ?
Je vais préparer ce match comme j’ai préparé les autres. Je disais qu’un point reste un point. Je crois également qu’un match reste un match. Il y aura plus de tension, plus de pression. Mais avec mon équipe, je vais prendre le temps de bien faire les choses. Encore plus que d’habitude je veux dire. Étirement, échauffement… Mais ça reste un match. C’est ce que j’aime dans le tennis : que tu gagnes ou que tu perdes, tu as toujours un match le lendemain, ou la semaine suivante. C’est fabuleux.
“Je bats des anciens Top 40, Top 50… c’est dingue !”
C’est ta quatorzième victoire d’affilée, ça commence à faire…
Je ne vais pas noter dans un petit carnet “ok, 14e match” (rires). Mais ça me donne de la confiance. Une confiance de dingue !
Gilles Moretton, le président de la Fédération, te regardait aujourd’hui, tu l’as vu ?
Je crois que c’est lui qui m’a dit “Allez Félix” après le premier set, quand je quitte le court. Mais je ne suis pas sûr (rires) !
Tu es au début de ta jeune carrière. Ce genre de victoire te conforte dans le chemin que tu as choisis de suivre ?
Ça me met beaucoup en confiance. Hier, comme aujourd’hui, je bats des mecs qui ont une expérience énorme, des anciens Top 40, Top 50… De les battre, c’est génial, je ne pensais pas être déjà capable de réaliser ce genre de performances !