Après un match coupé par la nuit, le Réunionnais Florent Bax est finalement défait par Thomas Faurel 7-6 (5) 3-6 3-6 dans ce deuxième tour de l’Open Sopra Steria.

« J’étais à leur place il y a 15 ou 20 ans »

Le match a été interrompu hier avant de reprendre aujourd’hui. Ce n’est jamais évident de gérer ce type de situation. Est-ce que cela a influencé ta performance ?

Oui et non. J’ai réussi à me remobiliser aujourd’hui dès le début du match. Est-ce que j’aurais réussi à le faire hier ? Personne ne peut le savoir. Après, ce n’est pas la première fois que je reprends un match interrompu et cela s’est déjà très bien passé par le passé. Ça dépend vraiment des circonstances.

Aujourd’hui, c’était la Kids Day à Lyon. On t’a vu prendre beaucoup de temps avec les enfants après, qu’est-ce que ça signifie pour toi ?

Quand on gagne, c’est forcément plus agréable ! Mais même après une défaite, il faut essayer d’être disponible pour les enfants. J’étais à leur place il y a quinze ou vingt ans, donc je sais ce que ça représente. C’est aussi très sympa de voir autant de monde. Des tournois comme celui-ci, je n’en dispute pas toute l’année puisque j’évolue encore principalement sur le circuit Future et sur les premiers Challenger. C’est une expérience agréable à vivre.

« Faire découvrir aux gens la réalité du circuit »

Tu es très actif sur tes réseaux sociaux. Est-ce que ça change quelque chose d’avoir une communauté qui te suit et soutient au quotidien ?

Oui, c’est très agréable de recevoir des messages. On en reçoit de plus en plus d’ailleurs. Au début, j’essayais de répondre à tout le monde, mais cela devient un peu plus compliqué aujourd’hui (rires). C’est sympa de voir une communauté se développer autour de ce que l’on fait. Moi, je partage simplement mon quotidien et les coulisses de la vie sur le circuit. Ça permet aussi aux gens de découvrir la réalité du circuit secondaire, et les difficultés à rencontrer. Les fans apprennent à mieux comprendre ce qu’est réellement la vie d’un joueur professionnel en dehors du très haut niveau. Personnellement, ça me fait plaisir de pouvoir partager cela.

Cela permet aussi de montrer que le niveau est extrêmement élevé bien au-delà du Top 100 mondial…

Oui, complètement. Beaucoup de personnes pensent qu’en dehors du Top 100, le niveau est faible, alors que ce n’est pas du tout le cas. Les joueurs classés 300, 400 ou même 1000 mondiaux sont des professionnels. Il faut comprendre que nous consacrons toute notre vie au tennis depuis notre plus jeune âge. Même sur les plus petits tournois professionnels, le niveau est très relevé et il est difficile de gagner. Bien sûr, c’est encore plus dur à un niveau supérieur, mais les premiers échelons du circuit professionnel sont déjà extrêmement compétitifs.

« Après les défaites, c’est très important de ne pas être seul »

Quels sont tes objectifs pour la suite de la saison ?

Le prochain grand objectif, c’est l’US Open. Réussir à me qualifier pour le tournoi serait vraiment quelque chose de très sympa. Avant cela, je vais m’inscrire pour les qualifications de Wimbledon en espérant qu’il y ait quelques retraits qui me permettent d’intégrer le tableau. Mais oui, participer à l’US Open est clairement un objectif important. On vit avec une incertitude permanente ! Depuis que j’ai commencé sur le circuit, c’est comme ça. Nous ne savons jamais vraiment ce que nous allons faire dans trois semaines. Tout dépend des résultats. Si, par exemple, j’avais remporté le tournoi cette semaine, tout mon programme aurait changé. Nous sommes constamment dans l’adaptation. Même les vacances peuvent être modifiées. J’avais prévu d’en prendre dans deux semaines, mais je me suis fait une petite douleur et nous avons finalement avancé cette période de repos. Au final, on ne sait jamais vraiment où l’on sera dans une semaine, encore moins dans trois.

Ta compagne, Cécile, t’accompagne sur le circuit. Comment ça impacte ta carrière ?

C’est certainement l’une des raisons pour lesquelles je progresse ces dernières années. J’ai toujours progressé, mais il y a eu des périodes plus compliquées. Après les défaites, c’est très important de ne pas être seul. Pour ma carrière, sa présence est clairement un plus. Au delà de ma copine c’est aussi ma coach. Il y a donc le débrief du match et tout l’accompagnement qui va avec. Cela présente des avantages, et parfois quelques inconvénients aussi. Il y a des périodes où j’apprécie d’être seul, mais la plupart du temps j’aime être accompagné.