L’Américain Tristan Boyer, a entamé son Open Sopra Steria 2026 de la meilleure des manières avec une nette victoire, 6-3 6-2, contre Raphael Perot. Il s’est livré après la rencontre sur son parcours aux Etats-Unis, l’exode de talents européens en NCAA et les avantages que présente le circuit outre-atlantique.

La terre battue n’est pas la surface préférée des joueurs américains. Pourquoi joues-tu autant dessus ?
J’ai beaucoup été formé en Argentine, et mon coach junior avait aussi un court en terre battue à Los Angeles. Donc j’ai énormément joué sur cette surface depuis mes 15 ans. Je m’y sens à l’aise, c’est une surface que je connais bien, et à laquelle je suis habitué.
« Aux États-Unis, le tennis est presque plus proche d’un sport collectif »
Tu as passé du temps à l’université de Stanford. Tu y as joué combien de temps ?
J’ai fait une année à l’université, et j’ai aussi joué un peu en professionnel, pendant ma dernière année de lycée. Il y a aussi eu la période du Covid, où je n’ai pas pu commencer tout de suite à l’université, donc ça a un peu décalé les choses.
Comment décrirais-tu le tennis universitaire américain pour quelqu’un qui ne connaît pas ?
C’est un environnement très collectif. On ne joue pas uniquement pour soi, mais pour une équipe. Du coup, c’est très différent du circuit pro. Il y a beaucoup plus d’énergie, c’est très vivant, très bruyant parfois. Et il y a aussi une pression différente, parce que tu joues pour tes coéquipiers, pas seulement pour toi. Ça t’apprend vraiment à gérer les moments importants. Il n’y a pas d’avantage, chaque point compte énormément, et les matchs peuvent basculer très vite. Il n’y a pas de let non plus, donc il y a beaucoup de situations imprévisibles. C’est un environnement très intense, mais aussi très fun. C’est presque plus proche d’un sport collectif comme le basket que d’un match de tennis classique.
Tu préfères cet environnement ou le circuit professionnel ?
C’est plus fun, oui. Mais sur le circuit pro, le niveau est plus élevé et il y a plus de prestige. C’est différent, ce sont deux mondes assez opposés.
« Tu as du temps pour te développer sans être obligé de passer directement par les Futures, avec la pression financière et sportive que ça implique »
Pourquoi vois-tu de plus en plus de joueurs européens passer par la NCAA ?
Parce que c’est une opportunité très intéressante. Tu peux t’entraîner gratuitement pendant quatre ans, obtenir un diplôme universitaire reconnu aux États-Unis, et continuer à progresser tennistiquement dans de bonnes conditions. Tu as du temps pour te développer sans être obligé de passer directement par les Futures, avec la pression financière et sportive que ça implique.
Et puis les coachs recrutent beaucoup plus en Europe qu’avant. Ils suivent mieux les résultats grâce aux circuits juniors et aux classements comme l’Universal Tennis Rating, donc même des joueurs qui ne seraient pas forcément visibles avant peuvent l’être aujourd’hui.
Tout ça crée un effet boule de neige : plus de bons joueurs y vont, donc encore plus de bons joueurs veulent y aller.
Est-ce devenu une vraie voie pour devenir joueur pro ?
Oui, clairement. Quand on regarde le top 100 aujourd’hui, il y a déjà une quinzaine ou une vingtaine de joueurs qui sont passés au moins par une saison de college tennis. C’est beaucoup plus qu’avant. Donc oui, c’est devenu une voie très crédible, et même une très bonne option pour beaucoup de joueurs.
Le niveau universitaire est-il sous-estimé par rapport aux Challengers ?
Peut-être à l’étranger, oui. Mais aux États-Unis, il est respecté à sa juste valeur. Les gens savent à quel point il est difficile d’être régulier en college tennis. Les joueurs qui réussissent dans cet environnement ont souvent des qualités qui se transposent très bien sur le circuit pro. Et aujourd’hui, avec plus de joueurs européens qui passent par là, comme certains joueurs français ou autres profils internationaux, la reconnaissance est encore plus forte.
Quels sont tes objectifs pour ce tournoi et pour la saison ?
Je n’ai pas vraiment d’objectif de classement précis. Ce que je veux surtout, c’est continuer à progresser. L’an dernier, j’ai un peu perdu cet état d’esprit, donc je veux vraiment me reconcentrer sur le travail et sur les choses que je dois améliorer. Les résultats ne sont pas la priorité numéro un. Si je fais les bonnes choses, ils viendront naturellement. Je sais que je suis capable de bien jouer et de faire de bonnes performances si je reste dans cette logique.
Eliott Caillot