Décryptage…

Alexandre Bailleul connaît bien le marché du tennis. Il développe son analyse de l'écosystème du tennis pour mieux nous aider à comprendre les enjeux d'un ATP Challenger comme l'Open Sopra Steria.
L'économie du tennis - via l'Open Sopra Steria

L’écosystème du tennis décrypté par Alexandre Bailleul

Pour comprendre le fonctionnement d’un tournoi de tennis professionnel comme l’Open Sopra Steria, encore faut-il connaître l’écosystème du tennis. Alexandre Bailleul, fondateur du site Sportbuzzbusiness.fr, développe ses cinq points clefs.

Qu’est-ce qui fait que c’est intéressant pour une marque d’investir dans le tennis ?

Le tennis et plus particulièrement le circuit ATP offre une plateforme de communication globale aux annonceurs. Le tennis est ainsi un des rares spectacle sportif à se déplacer aux quatre coins du globe, à l’image de la Formule 1. Avec une couverture médiatique importante, les marques s’assurent une forte visibilité tout au long de l’année en plus de pouvoir déployer des actions marketing sur place, en « local ». Le tennis est un des rares sport qui offre autant d’heures de diffusion en TV et donc de temps d’exposition aux marques. Pour exemple, l’un des partenaires de Roland-Garros est visible un peu plus de 32 minutes par heure de retransmission du tournoi ! Le sponsoring sportif est donc ici un excellent moyen d’obtenir une visibilité à un prix imbattable si l’on compare à ce que devrait payer une marque pour s’acheter l’équivalent en spots pub. En communiquant dans le tennis, outre sa notoriété et visibilitié, une marque peut bien évidemment travailler son image et travailler sa préférence de marque. Le tennis est encore perçu comme une discipline « CSP+ » avec des prospects dits plutôt aisés.

“Avec le tennis, une marque peut évidemment travailler son image et sa préférence de marque”

De quelle façon le marché du tennis peut-il encore se développer ?

Dans sa globalité, et selon les chiffres de l’Union Sport & Cycle, le marché du tennis en France représente 300 millions d’euros de consommation annuelle avec quelques 300 000 raquettes vendues par an. Avec un million de licenciés en France, la FFT est la seconde fédération derrière le football. Il y a les pratiquants licenciés mais également ceux qui joue au tennis hors cadre fédéral, pas forcément avec une pratique moins intense ! Il y aurait ainsi 4,4 millions de français pratiquant le tennis. Pour capter cette clientèle qui n’est pas licenciée et répondre à ses attentes, de nombreuses sociétés se sont développées ces dernières années proposant de la mise en relation entre joueurs, trouver des terrains, des coachs… Le marché lié à la pratique est donc important pour les marques textiles, chaussures, raquettes et balles, surtout que les dépenses pour s’équiper sont au-dessus de la moyenne des autres sports.

Alexandre Bailleul, Sportbuzzbusiness

Alexandre Bailleul, fondateur de Sportbuzzbusiness.fr

Le développement de la pratique est forcément liée aux résultats du tennis de haut-niveau ?

Pas exclusivement, mais, oui, c’est un booster évident. Qui n’a jamais eu envie d’aller taper la balle même si il ne joue pas régulièrement, à l’occasion de Roland-Garros ? Pour continuer à séduire les plus jeunes, le tennis comme les autres sports sont en concurrence avec tous les autres loisirs, y compris les écrans. La question à se poser est de savoir comment continuer à rendre l’enseignement tennis ludique et accessible pour donner le goût de continuer et progresser. En ce sens, le programme et les enseignements des clubs me semblent plutôt bien adaptés aux plus jeunes avec de nombreuses déclinaisons. Y compris au plus haut niveau, il est question de faire évoluer certaines règles du jeu pour répondre aux demandes des télévisions mais également pour rendre la pratique plus fun.

“Faire évoluer les règles et rendre la pratique plus fun”

Les infrastructures jouent forcément beaucoup…

Certainement, c’est un point essentiel aujourd’hui. Avec la montée en puissance des centres privés (foot 5, padel, multisport), les pratiquants peuvent payer à la carte leur pratique sans s’engager forcément sur une durée. Pour un club de tennis, il me paraît inévitable de s’équiper en terrains de padel, une discipline hyper accessible et fun qui commence à se développer en France. En Espagne, la discipline est la seconde en terme de licenciés derrière le foot mais devant le tennis. Les passerelles existent entre le tennis et le padel et je pense que ce dernier peut être une porte d’entrée pour faire venir des gens qui ne seraient jamais venu dans un club de tennis.

“Pour l’Open Sopra Steria, l’objectif est de proposer bien plus qu’un tournoi de tennis”

Pourquoi être partenaire d’un tournoi comme l’Open Sopra Steria pour une marque ou une entreprise ?

Les entreprises vont être séduites par les offres RP incluant repas sur site, soirées. L’occasion de faire du networking, mais également de créer des opérations de communication internes, mettre en place des activations spécifiques, inviter des clients… Dans son positionnement, et comme la plupart des évènements sportifs, le point de départ est le sportif mais l’objectif est de proposer bien plus qu’un tournoi de tennis. Ici, le positionnement gastronomie, vin, soirée et bonne ambiance séduisent. Il faut savoir aller bien au-delà de la simple balle jaune et raconter une belle histoire à ses partenaires !

Rémi Capber

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