Lionel Roux, morceaux choisis

Directeur de l'Open Sopra Steria, Lionel Roux s'est confié sur son épreuve, un tournoi Challenger mettant en valeur des jeunes talents et des joueurs confirmés.

Lionel Roux, confidences entre souvenirs et avenir

L’Open Sopra Steria de Lyon 2018 s’approche à grand pas, alors que se profile la saison européenne sur terre battue. Dans moins de trois mois, les joueurs investiront le Tennis Club de Lyon avec, en vue, un seul objectif : remporter ce tournoi Challenger 75 000$ et succéder ainsi, au palmarès, à Steve Darcis et Felix Auger-Aliassime. Nous avons rencontré Lionel Roux, directeur de l’épreuve dans une grosse interview à paraître sur ce site. Morceaux choisis.

Quel bilan pour l’édition 2017 ?
“Les partenaires ont été très satisfaits, on a eu une belle ambiance au Village… Le tournoi est vraiment devenu, le temps d’une semaine, un repère festif, un lieu de rencontre, un espace de travail. C’est important, puisque c’est le modèle économique du tournoi. D’ailleurs, nous avons signé une nouvelle convention avec Sopra Steria, concrétisant une collaboration pour deux années supplémentaires. Un vrai gage de confiance et de fidélité, oeuvrant à la pérennisation du tournoi ! Le bilan sportif, quant à lui, a été plus que positif. On a eu du beau jeu toute la semaine, les jeunes ont brillé, notamment Felix (Auger-Aliassime, futur vainqueur, alors âgé de 16 ans), qui a fait un tournoi de dingue. C’est toujours un pari quand on va chercher un jeune qu’on a envie de faire découvrir au public. Il peut évidemment passer à travers… Mais Felix a fait un gros, gros parcours et ça restera comme une grande réussite, puisqu’on a profité d’un buzz assez fou à cette échelle. Alors, oui, il faut un peu de chance et on en a conscience…”

Nous avons signé une nouvelle convention pour deux ans avec Sopra Steria”

Qu’est-ce qui fait qu’un jeune joueur va percer ?
“L’homme. C’est un peu abstrait comme explication, mais c’est la personne en tant que telle qui m’intéresse. Je regarde comment ces jeunes parlent, ce qu’ils dégagent, leur entourage, les relations qu’ils ont avec leur coach… Ça révèle plein de choses. Des qualités, mais aussi des failles plus ou moins assumées. En somme, j’essaie de cerner ce qu’ils ont dans le bide. Et puis, évidemment, les qualités tennistiques. Le talent, la puissance, la marge de progression : il faut essayer de sentir ces choses-là. À cet âge, tout change très vite et les jeunes joueurs brûlent les étapes de l’adolescence. La vie sur le circuit peut rendre très mature rapidement… comme être très difficile à gérer ! J’ai souvent l’exemple de Roger Federer en tête, sa relation avec Peter Lundgren au début des années 2000… Lundgren a su canalyser la fougue, la folie de Federer sur le court. Ça a été une période charnière pour le champion qu’il est devenu.”

Felix Auger-Aliassime, c’était un vrai pari… Il a été gagné !”

Quels souvenirs marquants depuis deux ans ?
“L’année dernière, c’était beau de voir Felix gagner avec son immense sourire. Il a fait l’unanimité auprès de tout ceux qui l’ont côtoyé, des ramasseurs de balles aux partenaires. C’était un vrai pari… Il a été gagné ! Je continue à suivre son parcours, son évolution, ses résultats et on reste en contact. On est très fiers d’avoir contribué un peu à son éclosion au plus haut-niveau. Et on travaille à le faire revenir, même s’il risque fort de privilégier sa saison sur gazon. En 2016, pour la première édition, ce n’est pas tant une image qui me revient, mais plutôt l’ambiance avec la ola pendant la finale… À ce moment-là, on s’est regardé avec l’équipe et on s’est dit : ça vaut le coup ! Le public lyonnais était heureux et nous avions atteint notre objectif : créer une véritable fête du tennis dans un club historique et une agglomération sevrée de petite balle jaune masculine pendant plusieurs années.”

Rémi Capber

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